Témoignages d’éleveurs

Benoit REDOULES:

Benoit redoules, éleveur brebis laitères Lacaunes

Eleveur de brebis laitières pour le roi des fromages « le Roquefort », je suis né entre les pattes des chiens de troupeaux et entre autres des Beaucerons. Je ne peux concevoir le métier d’éleveur, sans être utilisateur d’un chien de troupeau. Pour ma part dès mon installation j’ai commencé mon approche du dressage en suivant les formations de la chambre de l’agriculture et de l’institut de l’élevage.

En acquérant de l’expérience dans le dressage, je peux affirmer que l’utilisation au quotidien d’un chien de troupeau est un gage de réussite de l’éleveur de par la sérénité des manipulations du troupeau mais également par le gain de temps obtenu.

 

Gérald GUIRAUD:

En 1999, je me suis installé à Pomarède sur la commune du Pont de l’Arn.

J’ai repris une petite exploitation de 200 brebis qui maintenant compte 450 ovins viande.

J’avais des Border collie qui me rendait service dans la manipulation des animaux au quotidien mais je ne me rendais pas compte que j’étais loin d’utiliser tout leur potentiel et de profiter ainsi de tous les services que ces chiens pouvaient me rendre.

Un jour, l’ATUCT (association tarnaise d’utilisation de chien de troupeau) est venue faire une démonstration à quelques kilomètres de chez moi et j’ai constaté que je n’utilisais qu’un pourcentage infime des capacités de mes chiens.

J’ai pris contact avec l’ATUCT et en échangeant avec mes collègues adhérents de l’association, je me suis aperçu que pour améliorer mon quotidien et utiliser aux mieux mes chiens, il me fallait suivre des formations.

Sur les conseils de l’ATUCT, j’ai acheté un chiot border collie avec des parents confirmés au travail. L’association m’a accompagné dès l’arrivée du chiot. Grâce aux formations suivies régulièrement, j’utilise de mieux en mieux les capacités de mon chien.

Je m’en sers dans la bergerie chaque fois que je vais donner à manger, faire les litières, etc… Maintenant, je peux déplacer mes lots de brebis tout seul d’une parcelle à une autre, je les passe au couloir de contention pour tous les soins, il me permet de travailler en sécurité et me soulage dans tous les efforts du quotidien.

Acquérir un chiot, son intégration dans le milieu, son éducation, son dressage et ma formation demande de l’investissement car oui il faut dresser le chien mais surtout former le maitre. Tout ça n’est pas du temps perdu, il faut faire preuve de patience pour intégrer un chien de travail sur une exploitation. Le résultat ne se ressent pas de suite mais après, tout devient plus facile et on prend plaisir à travailler avec un border collie. Maintenant je ne pourrai plus me passer de lui vu tout le travail qu’il effectue, en plus d’être un compagnon au quotidien.

 

Daniel SAINT GENIES:

Pour quelles raisons je ne peux plus me passer d’un chien de troupeau ?
Aujourd’hui quel éleveur pourrait se passer d’un tracteur ? Personne, tellement cette mécanisation a permis une économie d’efforts et a pallié le manque de main-d’œuvre sur les fermes. Pour ma part le rôle que joue un chien de conduite dans le travail quotidien est aussi important qu’un tracteur. Autant en bergerie qu’en extérieur, sa présence me tranquillise et me permet des gains de temps dans mon travail.
L’hiver les brebis sont en bergerie et j’ai besoin des chiens pour effectuer certaines taches au milieu des brebis sans qu’elles ne soient dans mes pieds. Pailler ou donner le foin par exemple nécessite de rentrer avec le tracteur au milieu des brebis et là un chien puissant et courageux les éloignera de la botte de foin, il évitera qu’elles ne soient écrasées et devra toujours rester en mouvement devant le tracteur pour éviter de se faire écraser lui aussi.
Au printemps sortir ou rentrer le troupeau avec des agneaux n’est pas non plus une sinécure. Les premiers jours en extérieur, les agneaux ne veulent absolument pas rentrer le soir. Il faut plusieurs chiens travaillant ensemble pour faire avancer tout ce beau monde vers la bergerie. C’est un peu long énergique mais très vite tous prennent l’habitude de bouger vers la bergerie.
Mes brebis passent l’été en montagne dans les Pyrénées depuis bientôt 20 ans. Je suis persuadé que sans des chiens performants j’aurais arrêté cette pratique depuis bien longtemps. Ils sont là pour rassembler, contenir, rechercher les brebis égarées. La manipulation en estive demande de l’endurance et beaucoup de précision pour un chien de troupeau et je crois qu’un chien comme le border collie excelle dans ce travail. Avec des brebis livrées à elles-mêmes, ils sont capables d’aller déloger 5 brebis d’une barre rocheuse, de travailler loin du maître, le sifflet et les jumelles sont nécessaires pour les guider.
Avoir de bons chiens de conduite fait gagner beaucoup de temps et évite de l’énervement inutile pour l’éleveur. Mais surtout ils rassurent les brebis, elles sont moins volages, elles restent plus en troupeau et savent qu’elles ont peu d’alternatives dans leurs envies d’aller visiter la luzerne du voisin par exemple. Elles reviennent vers l’homme qui dans le calme peut les rassurer.