Un métier

Le troupeau, un métier à part entière

Nous allons prendre l’exemple d’un border collie car c’est le chien que nous avons le plus à l’ATUCT mais dans sa généralité, c’est le même fonctionnement pour toutes les races.
Pour travailler au troupeau, il faut un chien, un maître et un troupeau… Les paragraphes suivant s’adressent donc à des éleveurs ovins/bovins/porcins ou caprins.
Un chien de troupeau bien dressé facilite et sécurise toute manipulation d’animaux dans l’exploitation. Il assiste l’éleveur lors du déplacement, de la contention, du chargement ou du passage en salle de traite de tous types d’animaux (bovins laitiers ou allaitants, ovins, caprins, porcs ou volailles). Toutefois, l’hygiène de vie, l’éducation et le dressage d’un véritable chien de travail au troupeau sont régis par des règles spécifiques.


Le rappel «à la croquette», les gros câlins permanents et les jeux avec les enfants ne sont pas de mise… Sans négliger la sociabilisation nous devons faire de notre chien un individu indépendant mais très à l’écoute, avec un mental assez fort pour affronter plus tard une brebis suitée ou une vache de 600 kg et seconder son maître en toute circonstance. Aussi passionnante pour lui que soit cette activité, elle n’a rien d’un jeu ! N’est pas chien de travail au troupeau qui veut. Le bon vieux chien de ferme qui joue avec les enfants, accueille les visiteurs, garde la ferme et finit les restes de cuisine du quartier a certes un côté pittoresque et une certaine utilité mais n’est en rien un chien de travail au troupeau. Le fait qu’il puisse éventuellement suivre les vaches à l’heure de rentrer pour la traite fait affirmer à bon nombre d’agriculteurs que leur chien « va aux vaches ».


Or un chien de travail ne se contente pas de suivre les animaux mais est capable de leur imposer sa volonté, ou plutôt celle de son maître. Cette notion est une évidence pour les habitués de la tradition pastorale et la mentalité d’un nombre croissant de nouveaux utilisateurs est en pleine évolution. Le chien de travail au troupeau trouve maintenant une place de choix sur des exploitations modernes aux côtés peut-être du bon vieux chien de ferme. L’important restant de ne pas confondre : l’hygiène de vie, l’éducation et le dressage du premier n’ayant rien de comparable aux besoins du second. Un agriculteur qui ne serait pas prêt à consacrer un maximum de temps à son chien (pour en gagner beaucoup ensuite !) ferait mieux d’oublier le Border. Contrairement à ce que peuvent affirmer parfois ceux qui en ont à placer : le Border ne travaille pas tout seul sans dressage et surtout se trouve être un très mauvais « chien de ferme ». Un tel chien, hyperactif, divaguant autour de la ferme est souvent un élément perturbateur pour les animaux, qu’il n’aura cessé de tourmenter en cherchant à exprimer l’instinct de ses ancêtres. Quant aux cyclistes ou représentants, bon nombre se plaignent du comportement étrange de ces chiens noir et blanc envers leurs véhicules ou leurs mollets. La plus grande cause de mortalité du Border reste l’écrasement…
Un chien de travail au troupeau se choisit, se considère, se respecte, s’entretient, s’éduque et se dresse en tant que tel. D’où l’importance de s’informer et de se former très rapidement voir avant même l’acquisition d’un tel chien.

Comment ça marche ?


Le Border Collie est doté d’un fabuleux instinct de rabatteur. Au sein de la meute de ses ancêtres, il avait pour mission de rabattre les proies vers le chef de meute qui tuait, se nourrissait et laissait le reste du clan s’alimenter ensuite. C’est cet instinct qui est utilisé aujourd’hui pour le travail au troupeau. Mais maintenant, le chef de meute, c’est vous et vous devez jouer votre rôle avec beaucoup de sérieux ! En échange de leur travail, le chef de meute assurait protection, nourriture et survie à ses « subordonnés ». Votre chien aura donc « instinctivement » envie de rassembler les animaux avant de les pousser vers vous. A vous de vous comporter en bon chef de meute en entretenant correctement votre chien de travail. S’il peut compter sur vous, vous pourrez compter sur lui et mettre son instinct à votre service par une éducation et un dressage à la hauteur de vos ambitions !
Relationnel:
La relation maître-chien est l’élément clé de tout dressage efficace au troupeau. Du regard que vous portez sur votre chien dépendra le respect et la considération que ce dernier aura pour vous. Il se donnera corps et âme à un chef de meute protecteur, aimant, droit, respectueux, clair, constant. Soyez un maître idéal, vous aurez un chien idéal ! La solidité de cette relation doit être à la mesure de l’intérêt que votre chien portera au troupeau. Si votre chiot n’a d’yeux que pour vous (et pas pour les chats, les enfants ou les poules…) dès ses premières semaines, vous aurez encore une chance d’exister dans son esprit quand il va se déclarer aux animaux. Vous pourrez alors lui demander d’imposer votre volonté et non la sienne à votre troupeau.…
(Source afbc)