Border collie

 

LE CARACTERE DU BORDER COLLIE

Intelligent, indépendant, réceptif et rapide, il doit ses excellentes performances dans de nombreuses disciplines d’abord à une sélection rigoureuse et sans état d’âmes en milieu pastoral.
La souplesse de caractère est certainement la qualité première du Border Collie. Il s’agit de la faculté d’apprendre, de la prédisposition à l’écoute, de la capacité d’adaptation et de cette volonté caractérisée de faire plaisir à son maître indispensable pour mettre l’instinct primaire du chien au service de l’homme dans le travail au troupeau. Sans une grande souplesse de caractère toutes les qualités du Border ne nous seraient d’aucune utilité. Les bergers ont ainsi sélectionné, souvent sans pitié pour les sujets médiocres, des chiens ayant une capacité à apprendre au-dessus de la moyenne. Il est aujourd’hui indispensable de persister dans cette voie pour conserver la particularité de ce chien d’exception.

L’instinct de berger

Le chiot se déclare généralement entre 3 et 12 mois. Cela signifie que jusque-là, il n’exprimera aucun intérêt particulier pour le mouvement. Mais tout à coup, il adoptera cette position caractéristique de la prédation et pourra passer des heures entières devant un poulailler ou la barrière du balcon à fixer le mouvement des poules ou des véhicules ! Il est alors grand temps de canaliser cet instinct pour le mettre à votre service au troupeau.

Border en action

Le revers de la médaille
De par ce mode de sélection particulier, ce chien d’exception est à réserver à des maîtres avertis et très disponibles : l’instinct de berger pour lequel il est sélectionné peut occasionner de gros problèmes de comportement s’il n’est pas géré correctement, et ce en milieu agricole ou non !
Très actif, le Border Collie a absolument besoin de beaucoup d’exercice et de travail ainsi que d’une éducation et un dressage à la hauteur de ses prédispositions. L’obsession naturelle de ce rabatteur hors pair est de contrôler le mouvement : Tout ce qui bouge le passionne, tout ce qui est dispersé le dérange. Si cet instinct n’est pas géré par une éducation et un dressage adéquats, il s’exprimera sur tout ce qui bouge ballon, chat, poules, vélos, poussettes, tondeuses à gazon, tracteurs… avec plus ou moins de risques et de bonheur…

LE BORDER COLLIE AU TROUPEAU

Contrairement à bon nombre de races sélectionnées selon les critères de notre vie moderne, un grand jardin clos, une grande liberté de mouvement, 2 heures de promenade par jour, des enfants pour jouer et une montagne d’affection ne suffisent pas au Border Collie. Pour un chien calme et apparemment heureux dans un environnement inadapté, des dizaines se sont fait écraser ou finissent à la SPA…On n’efface pas impunément plus d’un siècle de sélection…
Ce chien a un besoin vital de travailler et de se sentir utile. Afin de donner à un Border Collie de véritable « raison de vivre », son maître devra se positionner tout de suite en bon chef de meute, sachant exactement ce qu’il veut et comment l’obtenir. Une diffusion grandissante de cette race auprès d’un public peu averti entraîne déjà des déviances et troubles de comportement menant à des situations aussi dramatiques qu’irrattrapables qui se répandent telle la mauvaise herbe sur la terre de l’ignorance…
Un border Collie qui serait apparemment heureux en ville est comme un poisson rouge dans son bocal. Alors est-il vraiment malheureux ? A ce sujet, je citerai Jean Piacentino dans son remarquable livre « le Border Collie » paru en mai dernier au éditions « la France Agricole » : « S’il n’est pas exact de prétendre que le besoin de travail du Border ne peut être satisfait qu’au troupeau, en revanche il est indéniable que pour un chien qui dispose d’aptitudes génétique en la matière, seul le troupeau permet le plein épanouissement…. On peut « soûler » un Border de promenades, de courses, ses sauts, etc. : selon le cas et la manière dont cela est fait, on le détend, on le fatigue ou on le stress, mais c’est véritablement par le troupeau qu’il trouve la plénitude de son équilibre ».
Attention, la pratique « sportive » au troupeau n’est pas un « défouloir ». Il ne s’agit pas de s’éclater en jouant à courir autour des moutons 1h par semaine. Cet exercice doit permettre au chien de s’équilibrer et de se réaliser pleinement sur le plan mental bien plus que physique.

Œil, puissance et possession:

Border s’imposant à une brebis

La faculté unique du Border Collie à provoquer la réaction des animaux à distance résulte de 3 qualités qui lui sont propre : l’œil, la puissance et la possession.

« L’œil » est en fait le « pouvoir de l’œil ». Le border l’utilise pour placer les animaux sous son contrôle en se concentrant sur eux, en les fixant.

« La puissance » permet à l’œil d’exercer une pression sur le troupeau. Il s’agit en quelque sorte de l’influence du chien sur le troupeau. La distance minimum nécessaire entre le chien et les animaux pour les faire réagir augmente proportionnellement à sa puissance. On pourrait définir la puissance comme une sorte d’autorité naturelle ; celle qui plonge toute la classe dans un grand silence à l’entrée d’un professeur alors qu’un autre devra user toute son énergie pour obtenir le respect des mêmes élèves.

« La possession » résulte d’une subtile équation entre l’œil et la puissance. Elle détermine la manière dont le chien va prendre le contrôle du troupeau (encercler, pousser ou éclater). De l’équilibre des 3 éléments clés que sont « œil, « puissance » et « possession » va dépendre la capacité du chien à imposer sa volonté aux animaux dans le calme et le respect mutuel. C’est l’un des buts de la sélection du Border Collie.
Imposer le respect et non la crainte.

Border Collie s’imposant au troupeau

Un chien de faible puissance ou mis trop jeune sur du bétail inadapté aura tendance à devoir mordre pour s’imposer. Il peut alors provoquer la fuite au lieu du mouvement, la crainte au lieu du respect ou le stress risquant de générer la charge. La morsure correctement gérée est un atout certain mais reste utiliser avec modération : Même un bon chien à bovins ne doit pas mordre, il doit pouvoir mordre. Si, grâce à la puissance qu’il dégage, les animaux sont convaincus qu’il est capable de mordre, ce dernier n’aura pas besoin d’abuser de ses crocs pour se faire respecter. Notons aussi que le même chien faible manquant éventuellement encore de courage pourra aussi palier à un manque de puissance par un mouvement excessif dans le but de provoquer la réaction des animaux.